Un billet pour ceux qui disent ne comprendre ni l’économie ni l’anglais

May 5, 2007

Un certain nombre de mes amis français m’ont avoué qu’ils avaient des difficultés à suivre et à comprendre mon blog. Les deux obstacles majeurs à la compréhension de ce blog cités étant le fait qu’il soit avant tout écrit en anglais, et son contenu trop technique ou poussé (quoi, technique, mon blog? Je pensais qu’au contraire, il ne l’était pas ! Poussé ? – Merci pour le compliment ! … Ou serait-ce que j’écris mal… ?)

Chers amis, si vous n’arrivez pas à me lire, je recommande vivement en bonne alternative, Telos, think tank, euh, pardon: « agence intellectuelle » dirigée par Zaki Laïdi. Il s’agit d’un forum de débat en ligne sur la politique économique actuelle, en France et de par le monde. Ce site regroupe les contributions de grands spécialistes internationaux et français dans des billets rigoureux et à la pointe de la recherche par leur contenu, mais très clairs et pédagogiques dans leur style. Vous connaissez déjà, j’espère. En termes de parallèles avec mon blog, les rubriques « marché de l’emploi » et « commerce mondial » sont les plus proches de mes plus récentes préoccupations.

Pour commencer la compréhension des problèmes soulevés, je recommande cette petite vidéo que Telos a publiée, où l’économiste Milton Friedman (un « affreux monétariste ultra-libéral » prix Nobel d’Economie, qui déplairait aux deux candidats à la présidentielle de demain s’il était encore en vie), qui nous raconte l’histoire du crayon. J’en conviens, c’est en anglais. Mais ceux qui se sentiront visés par ce billet ont un niveau suffisant pour comprendre….

Un autre blog intéressant est l’Econoclaste, référencé sur mon blogroll depuis le début. Toutefois, bien qu’il se veuille un site d’ « économie pour les nuls et pour les autres », il vaut mieux avoir fait un peu économie pour en suivre les auteurs. Il y a pourtant un problème qu’un des auteurs du blog, Alexandre Delaigue, soulève dans un excellent billet datant d’il y a quelques mois sur Les incompréhensions courantes de l’analyse économique. Il explique le décalage entre l’opinion des spécialistes et l’opinion du grand public sur les questions économique. Il s’agit d’un quadruple biais de l’ « opinion » relatif à tout ce qui touche ce qui est économique:

D’abord, « le biais productiviste; selon celui-ci, ce qui compte est de produire, la consommation ne vaut que dans la mesure ou elle permet d’absorber ce qu’il est nécessaire de produire pour que l’activité reste soutenue. »

Ensuite, « le biais d’hostilité spontanée vis à vis de l’étranger. Les succès économiques des pays étrangers sont vus avec beaucoup plus de suspicion du public que de la part des économistes. »

Mais aussi, « le biais d’incompréhension du mécanisme de marché. Il ne s’agit pas ici d’hostilité au libéralisme mais véritablement d’une grande difficulté à appréhender l’idée d’ordre spontané. Visitant les USA, Krouchtchev, impressionné par la profusion rencontrée dans les magasins californiens, avait demandé qui était en charge de l’approvisionnement de San Francisco en fruits et légumes. La question peut nous paraître naïve, mais la réponse – personne, et c’est bien mieux ainsi – est extrêmement contre-intuitive. »

Enfin, le « quatrième et dernier biais est un biais pessimiste. Partout, et depuis fort longtemps, les gens sont persuadés que la situation économique est bien pire qu’elle n’est réellement ».

Selon ce brillant billet, ce décalage de perceptions entre économistes professionnels (dont je ne fais pas partie. Je suis, tout au plus, une sorte d’analyste politique) ne pose en général, pas de problèmes dans la vie de tous les jours. Mais :

« Il y a néanmoins un domaine important pour lequel ces biais posent problème, c’est celui du vote et de l’élaboration des politiques publiques. L’existence de tels biais peut conduire à des politiques économiques contre-productives ou inefficaces, mais qui rencontreront un grand succès public. De ce point de vue, les coûts de l’ignorance économique existent, même s’ils sont, là encore, surévalués. »

Eclairage intéressant en période de campagne électorale en France en 2007, n’est-ce pas ? Les quatre biais ont fait ravage dans la presse et les slogans des candidats… La vraie question est celle des ravages réels à attendre quand les élections auront passé.

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